Comment choisir un bon artisan : les bonnes précautions
Une belle assurance et un bon tampon ne font pas un bon artisan. Ce qui sauve un projet, c'est quelqu'un qui sait faire. Voici comment le reconnaître, avant de signer.
L'essentiel
Une assurance ne prévient pas le problème : elle protège après coup. La preuve : en 2025, l'assurance construction a versé 2 359 millions d'euros pour des chantiers pourtant assurés. Quand on construit, on veut finir son projet, pas entrer dans des procédures. Évaluez plutôt son expérience, son historique et ses relations.
Rédigé par le bureau d'études thermiques RE2020 Expert, depuis 2016 · Mis à jour le 17 octobre 2026
Informations générales, chiffres publiés par le Sénat, France Assureurs, l'ACPR et l'Agence qualité construction, vérifiés le 17 octobre 2026. L'assurance décennale reste obligatoire pour les entreprises de construction.
Sommaire
Le mot de Samir, fondateur du bureau d'études
Les papiers ne font pas le bon artisan
- Si je suis artisan et que je viens avec une belle assurance et un bon tampon, ça ne prouve pas que je travaille bien.
- Une assurance ne prévient pas le problème : elle essaie d'apporter une solution, après. Et pendant ce temps, votre projet est à l'arrêt.
Ce qui sauve un projet
- Vous voulez finir votre maison, pas passer des années en expertises et en procédures.
- Ce qui sauve un projet, c'est un artisan qui sait faire. Demandez les papiers, c'est normal. Puis allez voir ses chantiers.
Un papier prouve une chose, pas plus
Chaque papier qu'un artisan vous montre prouve une chose précise. Aucun ne prouve qu'il travaille bien. Pour le savoir, il faut regarder son travail. C'est vrai aussi pour nous, bureau d'études.
| Ce qu'on vous montre | Ce que ça prouve vraiment | Ce qu'il faut demander en plus |
|---|---|---|
| L'attestation d'assurance décennale | Qu'il est assuré cette année. Pas qu'il travaille bien. | À voir deux ou trois maisons qu'il a terminées |
| Le Kbis (la carte d'identité de l'entreprise) | Que l'entreprise existe. | Le numéro d'un ancien client, pour l'appeler |
| Une qualification (RGE, par exemple) | Qu'il a suivi une formation et passé un contrôle, un jour. | Des photos de ses chantiers pendant les travaux, pas seulement une fois finis |
| Un beau devis | Ce qu'il promet. | Que tout soit écrit : ce qui est compris, et ce qui ne l'est pas |
| La promesse d'un service après-vente | Rien, tant qu'on ne l'a pas vu revenir. | À un ancien client : « Est-il revenu quand il y a eu un souci ? » |
Vos leviers : ce qui fait vraiment bouger un chantier
Vous n'avez pas besoin d'être du métier. Vous avez trois leviers, et ils suffisent.
Le paiement
- Vous payez une étape quand vous l'avez vue faite. Pas avant.
- Un petit acompte au départ, puis un paiement par étape visible : fondations, murs, toit. C'est écrit dans le devis avant de signer.
- Tant que l'étape n'est pas faite comme prévu, le paiement attend. C'est le levier le plus puissant que vous ayez.
L'écrit
- Ce que vous attendez, écrivez-le : ce qui est compris, ce qui ne l'est pas, les dates.
- L'artisan peut très bien faire quelque chose qui lui convient, mais qui ne vous convient pas à vous. Sans écrit, chacun a raison.
- Ne vous lassez pas d'écrire : un message après chaque échange important suffit.
Les photos
- C'est votre chantier, c'est votre maison : vous photographiez quand vous voulez. Vous n'avez pas à demander la permission.
- Photographiez chaque étape avant qu'elle soit cachée : fondations, réseaux, isolation. Une photo datée met tout le monde d'accord.
Évaluer son historique
- Allez voir deux ou trois chantiers qu'il a terminés, et appelez un ancien client.
- Demandez son attestation décennale de l'année du chantier.
- Un artisan qui travaille bien n'a aucun problème à montrer ce qu'il a fait.
Payer ses artisans : acompte, avancement, réception Ce que doit contenir un devis
La preuve par les chiffres
En 2025, l'assurance construction a versé 2 359 millions d'euros. Ces chantiers étaient assurés, et les problèmes ont eu lieu quand même : l'assurance ne prévient pas, elle protège après coup.
Et l'après-coup peut être long. La dommages-ouvrage a été créée en 1978 parce que, sans elle, la moitié des sinistres mettait quatre ans et demi à être réglée. Aujourd'hui encore, l'assureur dommages-ouvrage ne récupère en moyenne que 46,4 % de ce qu'il avance.
La prévention, elle, fonctionne : les désordres de fondations sont passés de 6,2 % à 1,4 % des cas en maison individuelle en vingt-cinq ans, avec une meilleure prise en compte du sol.
Chiffres : France Assureurs (2025), Sénat, rapport Pillet (1977), ACPR (2018), Agence qualité construction (2026). L'assurance décennale et la dommages-ouvrage restent obligatoires.
Laisser sa chance à un nouveau
Si personne ne fait jamais confiance à un artisan qui débute, personne n'aura jamais d'historique. Il faut bien commencer quelque part.
La bonne méthode : confiez-lui d'abord un petit ouvrage, sur lequel une erreur ne met pas votre maison en danger.
- des marches d'escalier extérieures ;
- une petite terrasse ;
- une dalle en béton pour le garage ou le parking extérieur.
Et appliquez les trois leviers, encore plus qu'avec un habitué : un échéancier très précis, ce que vous attendez écrit noir sur blanc, et aucun paiement avant d'avoir vu le résultat. Suivez le travail de près. S'il réussit, vous avez trouvé un artisan, et lui, une première référence.
Vous pouvez aussi chercher quelqu'un qui est déjà recommandé par une personne de confiance.
Ouvert à tous les bons ouvriers
Un artisan expérimenté, ou un particulier qui construit lui-même avec soin, peut montrer son travail. Les photos des étapes, les chantiers terminés et le SAV tenu parlent pour lui. Ces preuves l'aident aussi à s'assurer.
Les bons réflexes
À faire
- payer chaque étape quand vous l'avez vue faite ;
- écrire ce que vous attendez, avant de commencer ;
- photographier chaque étape avant qu'elle soit cachée ;
- voir un chantier terminé et appeler un ancien client ;
- confier un petit ouvrage à un nouveau avant un gros.
À éviter
- payer une grosse partie d'avance ;
- choisir sur le seul prix, ou sur les seuls papiers ;
- laisser des postes « à voir sur place » dans le devis ;
- confier toute sa maison à quelqu'un dont on n'a vu aucun travail.
Tuile cassée, petite fuite après travaux : qui paie ? Trouver un pro près de chez vous
Vous faites construire ? Toutes les études d'une maison neuve, d'après votre adresse.
Ce que disent les textes officiels
Code des assurances, article L241-1 : l'entreprise qui construit doit être assurée en responsabilité décennale à l'ouverture du chantier. Article L242-1 : le maître d'ouvrage souscrit la dommages-ouvrage avant l'ouverture du chantier ; l'assureur répond dans les 60 jours et fait son offre dans les 90 jours.
- Sénat, rapport n° 56 (1977-1978) de M. Paul Pillet sur la loi relative à l'assurance construction – avant 1978, la moitié des sinistres réglés en quatre ans et demi
- France Assureurs, l'assurance construction en 2025 (publié le 1er octobre 2026) – 2 359 millions d'euros de prestations payées
- ACPR, Analyses et synthèses n° 86 : l'assurance construction (2018, données 2011-2015) – l'assureur dommages-ouvrage récupère en moyenne 46,4 % de ce qu'il a avancé
- Agence qualité construction, Observatoire de la qualité de la construction 2025 – l'eau, principale source des désordres ; points singuliers des toitures
- Agence qualité construction, Observatoire de la qualité de la construction 2026 – désordres en maison individuelle ; fondations superficielles de 6,2 % à 1,4 %
- Service-public : la garantie décennale (F2034) – attestation de l'entreprise, mentions sur le devis
Informations générales. Les textes officiels font foi.
Pour aller plus loin
Dans le même sujet : budget et chantier
- Devis d'artisan : tout prévoir par écrit, métier par métier
- Construire sa maison moins cher : 8 astuces qui comptent
- Chiffrer un chantier sur plan : métrés justes et vérifiables
- Métrés d'un devis de carrelage : surfaces, plinthes, chutes
- Chiffrage Express : chiffrer un chantier sur plan
- Trouver un carreleur près de chez vous



